La végétation de l’île de Ré : pleins de plantes comestibles !

Pendant mes vacances, j’ai découvert la végétation de l’île de Ré, parmi laquelle j’ai trouvé certaines plantes comestibles en grandes quantités.

Ca a donc été l’occasion d’expérimentations gastronomiques !

roses trémières dans une ruelle ensoleillée de l'île de Ré

Découverte de l’île

feuilles et fruits encore verts du figuierLe plus frappant pour moi a été l’abondance de vignes, de roseaux et de mauves dans les campagnes, de roses trémières, de glycine et de figuiers dans les villages, de tamaris et de pins maritimes en bord de mer.

Que de belles couleurs se côtoyant devant le blanc des murs des maisons : les blancs, les roses, les rouges des roses trémières, les dégradés de vert, de bleu, de gris des volets

fleurs blanches de boutons floraux de rose trémièreToutes ces plantes sont peu voire pas représentées en Bretagne. Et même si on trouve souvent des pins maritimes sur le littoral breton, il n’y en a pas autant !

Ces différences de végétation s’expliquent par le fait que les conditions pédologiques (= du sol) et climatiques de l’île de Ré varient : le plus déterminant est que le sol y est calcaire (granitique en Bretagne), élément indispensable pour la viticulture, et qu’il y fait quelques degrés de plus toute l’année (et oui, dès qu’on passe au sud de la Loire…).

Par contre, la pluviométrie est équivalente : 700 à 800 mm d’eau par an.

J’y ai rencontré le même type de végétation dunaire et arrière-dunaire qu’en Bretagne, mais comme je ne suis pas un botaniste chevronné, je serais bien incapable d’en faire un inventaire comparatif… Je dirai simplement qu’on y voit de l’oyat (plante indispensable pour la fixation des dunes grâce à ses racines), des euphorbes et des panicauts maritimes (appelé aussi chardon bleu des dunes, espèce protégée en Bretagne).

fleur de chardon bleu des dunes et dune couverte d'oyat

Etant donné que ce type d’habitat est fragile et a été pas mal dégradé par le piétinement touristique dans les années 80-90, il y a maintenant plusieurs zones protégées et des grillages ont été installés pour baliser la circulation.

Des ganivelles en bois ont été posées pour aider la dune à se reformer en attendant que l’oyat recolonise le milieu.

jeune échasse blanche dans les marais salants de l'île de RéL’île possède aussi une grande surface de marais salants où j’ai observé de nombreux oiseaux d’eau qui y trouvent nourriture et dortoir.

Je me rappelle notamment de cette jeune échasse blanche, encore duveteuse, que ses parents ont protégé contre un faucon, en fonçant plusieurs fois sur le rapace avec de grands cris perçants.

Le sujet qui m’intéresse le plus

Concernant les plantes sauvages comestibles, voici le point sur ce que j’ai observé. J’espère que ça ne fera pas trop inventaire, mais quand je découvre une nouvelle région, j’aime bien regarder ce qu’il y pousse de bon 😉 même si je ne prétends pas être exhaustif avec cette liste.

  • deux fleurs de mauve sylvestreJe n’ai pas manqué de remarquer les plus répandues et emblématiques de l’île, à savoir les roses trémières, ainsi que les mauves sylvestres. Ça confère à l’île un caractère unique bien différent de Saint-Malo ! Leurs feuilles mucilagineuses sont consommables, crues en salade ou cuites en soupe ou fondue végétale, tout comme les fleurs (je reviendrai bientôt sur ces dernières). Les 2 plantes appartiennent à la même famille : les Malvacées.
  • feuille de criste marineJ’ai vu aussi les plantes habituelles du bord de mer, comme en Bretagne : criste marine (poussant exclusivement sur le littoral), roquette et fenouil sauvages.
  • J’y ai également trouvé des asperges sauvages, avec leur allure de plumeau. On en mange les jeunes pousses tendres au printemps. Les tiges dures sont amères et les fruits rouges sont toxiques.

plant de chénopodeEt les plantes comestibles les plus communes, présentes (presque) partout en France :

  • pissenlit, pâquerette, plantain major, plantain lancéolé, ortie et chénopode blanc ont des feuilles comestibles. Toutes peuvent être mangées crues (sauf l’ortie et le chénopode), mais elles peuvent aussi être cuisinés comme des épinards.
  • fruits séchés de carotte sauvagepissenlit, pâquerette et acacia ont des fleurs comestibles. On fait du miel de fleurs de pissenlit et celles de l’acacia sont consommables en beignet.
  • la ronce produit des mûres,
  • la carotte sauvage possède une racine et des fruits savoureux (j’y reviendrai).

Mais je n’ai pas croisé que des plantes comestibles !

fruit hérissé de piquants de la daturaIl y avait aussi beaucoup de plants de datura dans les marais salants, dans les vignes et les enclos des chevaux. Elle se reconnaît à ses fleurs blanches en trompette et à ses fruits hérissés de piquants. Cette plante contient des alcaloïdes très toxiques dans toutes ses parties. 5 grammes consommés peuvent causer la mort d’un adulte.

A moindre dose, elle est hallucinogène et est à ce titre consommée par des chamans en Amazonie et au Mexique et elle était utilisée en sorcellerie au Moyen-Age.

Les recettes à venir

Dans les prochains articles (encore en cours de rédaction), je vous ferai donc part de plusieurs recettes que j’ai réalisées avec certaines des plantes citées ci-dessus.

main cueillant du fenouil sauvage

Je commencerai par le saumon à la criste marine sur lit de fenouil sauvage et pommes de terre. Sa photo est visible dans l’article que j’ai rédigé à mon retour de l’île de Ré.

Puis je continuerai avec des recettes à base de fleurs de mauves et de graines de carotte sauvage.

Si vous avez des questions sur les utilisations des plantes citées ou si vous souhaitez en rajouter que j’aurais oubliées, n’hésitez pas à mettre un commentaire !

6 réflexions sur « La végétation de l’île de Ré : pleins de plantes comestibles ! »

  1. Marc

    Bonjour, en me baladant sur l’ile de ré j’ai decouvert une plante avec de longues tiges et au bout de ces tiges, un genre de bouquet d’aromates en formes de chou fleur contenant de petites graines qui ressemble fort a du poivre. Pourriez vous m’en dire plus ? Est-ce commestible?

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    1. Jérémie Auteur de l’article

      Bonjour,
      Avec si peu de précisions, pas facile de vous répondre… Cette plante ne m’évoque rien de comestible alors, à moins de l’identifier avec certitude dans un livre, je vous conseille de ne pas en manger.
      A bientôt,
      Jérémie

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    2. tolka

      Je répondrais « masseron » si je me rappelle bien le nom donné en visitant avec un guide de la maison du Fier d’Ars. plutôt comestible comme du poivre.

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  2. tolka

    Extrait de wikipedia : mon orthographe était fausse.
    Le maceron figurait parmi les plantes potagères recommandées dans le capitulaire De Villis au Moyen Âge.

    Les jeunes pousses peuvent se consommer crues en salade.
    Les feuilles, au goût un peu plus relevé que le céleri, servent à aromatiser les soupes et les plats de viandes.
    Les jeunes fruits et les boutons floraux, confits dans le vinaigre, peuvent servir à parfumer certains plats, potages et salades notamment. Les racines sont également comestibles.
    C’est un légume assez répandu autrefois, mais qui a été oublié. Il a en fait été remplacé par le céleri.

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  3. BLONDEAU

    Il pousse un datura à fleurs blanches (ressemblant au liseron) au fruit hérissé de piquants dans le poulailler de mon fils dans le Haut-Doubs à 900 m d’altitude ! frontière suisse : Jura géographique !!! Nous n’avons jamais vu cette plante et j’ai fait des recherches sur internet et vous m’avez donné la réponse avec ce datura très toxique !!!! Pouvez-vous m’en dire davantage de la retrouver dans notre région de montagne loin de l’océan !????
    Les poules et les canards n’y touchent pas ! c’est une belle plante imposante et vraiment très curieuse !!!!
    Mic de MORTEAU dans le Doubs

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  4. montjou

    Il y a un ouvrage : Saveurs sauvages de Ré, sur Amazon. Plein de recettes avec les plantes sauvages comestibles, propriétés médicinales des plantes et fiches avec photos des plantes pour le reconnaitre de l’Ile et pleins d’histoires de personnages de l’Ile.
    La Datura très toxique il y en a par tout , plante indicatrice du roundup et/ ou remonté des sels dans les sols compacté litorales.

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