Comment transformer une « mauvaise herbe » comme l’ortie en délicieuse tartinade ?

« Tu ne peux pas commencer ton blog sans parler de moi qui suis la plus emblématique des plantes sauvages dont les humains redécouvrent peu à peu les vertus et les bienfaits » m’a chuchoté l’ortie au détour d’un chemin.

Cet article est donc le premier qui sera consacré à l’ortie avec une recette de tartinade. Vous pouvez en trouver une autre qui est succulente dans mon Guide des 3 plantes sauvages comestibles les plus faciles à cuisiner !

Photo de feuilles d'ortie en gros plan, utilisées pour la recette de tartinade

Traits caractéristiques : plante couverte de poils urticants, feuilles dentées en forme de cœur, tiges dressées non ramifiées. La description détaillée est ici.

Utilisations

Des plants d'ortie dans un talus

Trop facilement étiquetée « mauvaise herbe » parce qu’elle pousse vigoureusement et qu’elle est la seule plante piquante de notre flore, l’ortie est une de ces plantes sauvages que l’on devrait qualifier de « bonne herbe » et à qui je réserverai un coin dans mon potager quand j’en aurai de nouveau un (je suis actuellement en appartement).

En effet, ses usages sont multiples :

  • en cuisine, c’est un savoureux légume feuille qui contient en moyenne 50 fois plus de vitamine C que les oranges, avec des protéines (5 à 9 % du poids frais, plus que le soja), du fer et de la silice.
  • propriétés médicinales : l’ortie est dépurative, tonique et diurétique (infusion). Les piqûres d’ortie soulagent l’arthrite et les rhumatismes, certains malades se faisaient « fouetter » aux orties pour se soulager.
  • en purin, elle est une merveille pour le jardin et les plantes en pot car elle constitue un très bon engrais et un fort répulsif à pucerons. Cette utilisation a d’ailleurs fait couler de l’encre quand une loi a voulu interdire de fabriquer soi-même des préparations à base de plantes et d’en échanger les recettes. Plus de détails dans le film L’ortie fée de la résistance.
  • en artisanat, ses fibres permettent de fabriquer des tissus, des cordes et des filets (en Europe du Nord notamment). J’essaierai un jour de faire du papier avec.

Recette : la tartinade à l’ortie

Voici les ingrédients dont vous aurez besoin :

  • 100 g d’ortie (en voici 50 g sur la photo)
  • 30 g de moutarde, 20 cL de crème de soja, 50 g de gruyère râpé et du sel gris à votre convenance
  • de belles grandes tranches de pain

Des feuilles d'orties cueillies et disposées sur un tissu

Cueillez de préférence les jeunes pousses tendres des orties, aux extrémités des tiges. En effet, les grosses feuilles ont un goût moins délicat et les grosses tiges sont fibreuses. Attention, ne ramassez pas les graines. Mettez-les dans un sac en tissu ou un panier pour une meilleure conservation que dans du plastique.

Sans gants pour les cueillir (si c’est une cueillette improvisée), le secret c’est d’y aller sans peur, franchement, en attrapant les feuilles par en-dessous et en pinçant la tige entre les ongles. Dans ces cas-là, je me pique toujours un peu, mais l’important c’est de ne pas gratter sinon ça avive la douleur (comme pour les moustiques). Pour apaiser les piqûres, on peut écraser des feuilles de plantain pour en appliquer la sève sur la peau, elle atténue le « feu de l’ortie ».

Et si on n’en trouve pas, le réconfort sera dans la dégustation des tartines !

  1. Faire blanchir les orties émincées dans un peu d’huile d’olive.
  2. Ajouter le sel, la moutarde, puis la crème, puis le gruyère pour obtenir un mélange onctueux.
  3. Étaler sur les tranches de pain et enfourner 10 minutes pour les griller.
  4. Déguster à l’apéro avec des amis.

Voici une vidéo en musique de la réalisation de cette recette par le président des Amis de l’ortie.

Je travaille actuellement à l’élaboration d’une recette de croquants à l’ortie que je partagerai bientôt avec vous, mais le premier test ne m’a pas semblé assez convaincant pour vous le proposer… Mes « cobayes » n’étaient pas trop emballés non plus 😉

Bibliographie

Vous trouverez plus d’informations et de recettes dans le livre « Saveurs d’ortie » de Bernard et Annie-Jeanne Bertrand.

Et pour les jardiniers en herbe, il existe une mine d’informations sur les différentes macérations de plantes dans le livre « Purin d’ortie et compagnie » de Bernard Bertrand.

Une réflexion au sujet de « Comment transformer une « mauvaise herbe » comme l’ortie en délicieuse tartinade ? »

  1. Lila@exclusive-restaurants

    Dans le petit bois chez mes parents, il y en a plein. Ma mère fait régulièrement des soupes d’orties et j’adore çà. A chaque fois, je repars avec mon bocal de soupe. Une année j’en ai fais sécher et j’en saupoudrais mes plats. Votre recette me plaît beaucoup donc d’ici quelques semaines lors d’un week-end chez mes parents, je l’essaierai bien. Bonne continuation. Lila

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