Infection urinaire : la cranberry, un remède naturel

Je viens de découvrir sur Mediflor que le jus de cranberry ou canneberge en français est un excellent remède naturel pour diminuer la fréquence des infections urinaires (j’en ai eu une étant gamin, c’est très douloureux…). Cette propriété, reconnue par l’Afssa, permet de diminuer l’utilisation d’antibios.

Mais la cranberry a d’autres vertus… Petit état des lieux sur les propriétés médicinales de cette plante.

cranberries rouges et jaunes en cours de maturation

La canneberge, Vaccinium macrocarpon en latin, est aussi appelée atoca en québécois. Cranberry est la contraction de « crane berry » car les fleurs, au début de leur développement, ressemblent à une tête de grue, l’oiseau (crane en anglais).

fleur rose de vaccinium macrocarpon

C’est un arbrisseau de la famille des Ericacées poussant principalement dans les tourbières d’Amérique du Nord, en compagnie de la sphaigne. Autant dire qu’en cultiver dans son jardin est assez difficile…

En été, il produit des fleurs blanches à roses qui se transforment en fruits rouges à l’automne. Ce sont ces fruits que l’on utilise depuis longtemps Outre-Atlantique et de plus en plus en France.

Les Etats-Unis et le Québec assurent la majeure partie de la production mondiale, complétée par l’Europe de l’Est, les Pays baltes, l’Argentine et le Chili (là où il fait froid).


Utilisations alimentaires

Les baies rouges de la cranberry ont un goût acidulé et contiennent peu de sucre. Elles sont utilisées pour faire :

tarte avec des cranberries rouges

  • des boissons rafraîchissantes, seules ou en mélange avec d’autres fruits (pommes, autres fruits rouges),
  • des confitures, des gâteaux, des sauces et des chutneys, au bel aspect rouge,
  • des plats traditionnels aux Etats-Unis, comme la dinde aux cranberries pour Thanksgiving,
  • des plats traditionnels en Suède, comme le Köttbullar (boulettes de viande).

Vous trouverez d’excellentes recettes salées et sucrées utilisant la canneberge dans le livre Canneberge et autres baies, d’Annie Casamayou.

Contre l’infection urinaire

En France, il est frappant de savoir que des infections récidivantes touchent environ deux millions de femmes chaque année. Elles sont moins fréquentes chez les hommes car l’urètre est plus long, ce qui rend la tâche plus compliquée aux bactéries pour le remonter et aller se fixer dans la vessie.

fruit rouge de vaccinium macrocarpon

Le fruit contient de grandes quantités d’antioxydants : vitamine C et flavonoïdes. Parmi ces flavonoïdes, la cranberry compte la proanthocyanidine. L’Afssa (Agence française de sécurité sanitaire de l’alimentation) a reconnue que cette substance empêche certaines bactéries responsables des cystites de se fixer sur les parois urinaires (80 % sont des Euscherichia coli). Les bactéries sont alors éliminées naturellement avec l’urine. Cette plante permet ainsi de diminuer la fréquence des infections urinaires.

Ce remède végétal, par son action de prévention, permet d’éviter les récidives et donc les antibiotiques à répétition, avec tous les effets secondaires que ceux-ci engendrent… Sans parler du problème du développement de souches bactériennes résistantes aux antibios (il y en a de plus en plus).

L’Afssa recommande de consommer 36 mg de proanthocyanidine par jour en dehors des repas pour que ce soit efficace. Pour arriver à consommer cette dose quotidienne, on peut prendre :

Mais la cranberry n’empêche pas les autres gestes de prévention : boire beaucoup d’eau, ne pas se retenir d’uriner, uriner après un rapport sexuel, avoir une bonne hygiène, porter du coton plutôt que du synthétique.

Autres propriétés médicinales

Le proanthocyanidine, grâce à ses propriétés anti-adhésion des bactéries, permet également de prévenir et soigner les infections des gencives. Mais attention aux jus du commerce car leur acidité et les sucres ajoutés ne sont pas profitables à l’hygiène bucco-dentaire.

deux fleurs blanches de vaccinium macrocarpon

Le même mécanisme est valable pour la prévention de l’ulcère de l’estomac. Les facteurs déclencheurs sont le stress et une alimentation de type « malbouffe », mais aussi certaines bactéries comme Helicobacter pylori. La cranberry empêcherait donc ces bactéries de se fixer sur la paroi de l’estomac (prix Nobel de médecine décerné à 2 chercheurs en 2005 pour cette découverte).

Les antioxydants de la cranberry lui confèreraient aussi des propriétés anticancéreuses et de prévention contre les maladies cardiovasculaires.

19 réflexions au sujet de « Infection urinaire : la cranberry, un remède naturel »

  1. pascal

    Je suis médecin et je suis très favorable aux traitements de phytothérapie. Par contre la canneberge ne doit pas être proposée en alternative à la place du traitement antibiotique mais en complément et en préventif pour éviter les récidives. il ne faut pas oublier qu’une infection urinaire non ou mal soignée peut dégénérer en grave infection du rein (pyelonephrite) qui peut detruire le rein.

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    1. Jérémie

      Bonsoir Pascal,
      Merci de partager ton point de vue de médecin sur les restrictions d’utilisation de la canneberge (je vais modifier mon article) et sur la gravité des infections urinaires. Je pense que nous sommes d’accord sur la nécessité de faire de la prévention pour éviter les récidives, notamment grâce à des produits comme la canneberge.
      Confirmes-tu la possibilité de l’utiliser pour traiter les infections des gencives ou a-t-elle là aussi seulement des propriétés de prévention ?
      A bientôt,
      Jérémie

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      1. Val

        coucou Jérémie
        je trouve ton blog très intéressant, c’est vraiment super que tu fasses ça, en plus tes études te servent. Concernant les infections urinaires ou autres façons de les traiter, je pense pas qu’il faille se lancer dans des débats, chacun est libre de faire ses choix.. toi tu devrais te protéger en insérant systématiquement des mentions légales en bas de tes pages (va voir sur d’autres sites, ils font tous ça, du genre : vous devez consulter votre médecin, les infos de ce site ne remplacent pas les conseils d’un médecin, les indications thérapeutiques sont données à titre indicatif, etc etc). La plupart du temps les gens associent les traitements allopathiques et les traitements par les plantes pour plus d’efficacité.
        Après chacun fait ce qu’il veut.. j’ai fait une infection urinaire l’an dernier et je n’ai pas pris d’antibiotique.. ça m’arrive rarement. ça faisait des années que j’en avais pas eu.. Je l’ai soignée avec cranberry en gélules + huiles essentielles (je ne donnerai pas d’infos ici mais il y en a de très puissantes contre les infections de ce type et l’effet des Huiles essentielles a été prouvé par 15000 études au moins). Je suis une adulte et j’assume mes choix, je veux pas rentrer dans le cycle mycose/cystite et je limite au maxi ma consommation d’antibio. Si tout le monde faisait ça, le jour où les antibios seraient vraiment nécessaires ils fonctionneraient.. C’est con de prendre des antibios dès la moindre infection (et toute infection peut tourner mal dans l’absolu surtout si la personne est fragile) et ensuite de se retrouver à ne pas pouvoir soigner des graves maladies du fait de la résistance que les microbes développent aux antibios.Je déteste le goût de la cranberry donc pas de jus, beurk. En prévention je ne prends rien, car j’en ai rarement , l’an dernier, c’était surement une association fatigue + chaleur + ne pas boire assez…mais d’une façon générale depuis que j’utilise les he j’ai quasiment plus d’épisodes infectieux qui s’installe, en fait quand ça se profile j’agis dès les premiers signes, et ça passe en quelques heures. Chacun fait ce qu’il veut… Perso j’essaie immédiatement un traitement naturel et si ça marche pas rapidement je vais chez le médecin… du coup je vais rarement chez le médecin, qui est pourtant très bien. L’essentiel c’est la prévention : bien se nourrir surtout. Mes enfants ne sont jamais malades. Ton blog devrait nous y aider… Je connais des filles qui enchainent cystites ,antibios , mycoses, traitements des mycoses, à des fréquences élevées….elles seraient sûrement contentes de sortir de ce cycle infernal.
        Voilà c’était mon petit témoignage qui n’engage que moi.

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        1. Jérémie

          Salut Valérie,
          Merci pour le partage de ton expérience sur ce sujet et pour ton conseil sur les mentions légales (je vais rajouter ça et penserai à le mettre dans mes prochains articles santé). Effectivement, le problème concernant l’efficacité des antibios devient important pour certains types de maladies. Je rajouterai une recommandation des médecins : finir le traitement même si les symptômes ont disparu et qu’on semble guéri. En effet, il peut rester quelques germes qui ont survécu dans notre organisme et vont se propager à d’autres après avoir enregistré une résistance à l’antibio.
          Concernant la prévention santé, je suis la même démarche que toi : huiles essentielles dès l’apparition de symptômes (dans mon cas, je pense aux maladies respiratoires) et si dégradation (peu souvent), je vais voir mon médecin qui est aussi naturopathe. Lui me prescrit homéopathie, plantes et huiles essentielles et, au cas où ça ne fonctionnerait pas, il ajoute une prescription d’antibio (que je n’ai jusqu’à présent jamais utilisée et c’est tant mieux).
          Et je suis tout à fait d’accord avec toi, une bonne alimentation favorise une bonne santé avec moins de risques de contracter le premier truc qui passe… Beaucoup de livres ont été écrits sur le sujet, même si je ne suis pas adepte d’une méthode ou d’un régime alimentaire particulier. Simplement, j’essaie de manger bio dans la limite de mes moyens financiers car je trouve ça plus sain.
          Jérémie

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        2. anatxa

          Val, Merci de répondre aussi gentillement et clairement, ce n’est pas facil et je suis contente de te lire et choisir comme porte-parolesanatxa
          Merci à Jeremie aussi bien sur!

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    2. MICHEL

      Il y a 16 ans opéré 3 fois de la prostate à cause d’infections urinaires 3 à 4 fois par ans. Traité par antibiotique ça revenait toujours malgré les 3 opérations et les traitements… depuis que je prends des gélules de Cranberry une tous les matins d’un bout à l’autre de l’année c’est fini plus de problème, à part une alerte, maxi une part an , alors de suite je prends une gélule matin midi et soir et ça stop net l’alerte.
      Alors j’ai du mal à lire et accepter que le Cranberry n’est pas efficace….. Oui ça me revient à environ 70€ par an mais plus de fièvre à 40 degrés plus de douleur ni d’impossibilité à uriner plus d’antibiotique à avaler et plus de journées au lit malade comme un chien, de plus finalement ça me revient moins cher que le toubib et ses antibiotiques. Et si j’avais su avant les opérations aujourd’hui j’aurais encore ma prostate et je n’aurais pas eu à souffrir ces opérations dont 2 auraient été loupées d’après les dire des uns sur les autres. N’étant pas sectaire je veux bien admettre que ce peut être plus efficace sur certaines personnes que sur d’autres mais le Cranberry est une bénédiction de la nature à ne pas négliger.

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      1. Jérémie Auteur de l’article

        Bonjour Michel et merci de partager votre expérience dans ce commentaire, ça pourra peut-être servir à quelqu’un d’autre. Comme vous le dites si bien, la cranberry est une bénédiction.
        A bientôt,
        Jérémie

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  2. Anthony@site de rencontre

    J’en bois énormément, peut être une bouteille par semaine, déjà parce que c’est bon et en plus parce qu’elle détient beaucoup d’anti-oxydant. En revanche, j’ignorai totalement qu’il soignait les problème urinaires. C’est bon à savoir 🙂

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  3. Guillaume

    Bonjour,
    J’avais déja entendu parlé du fait que la cranberry était une bonne chose. La avec cet article et les retours ça se confirme 😉
    Je suis assez d’accord avec ce qu’a dit Val, on utilise des antibiotiques tout le temps… A force notre corps s’y habitue et ils ne fonctionnent plus… Parfois la nature fait des choses très bien, pourquoi s’en priver.

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  4. Benjamin@brico maison jardin

    Comme beaucoup d’autres personnes ici, je privilégie toujours la médecine naturelle quand c’est possible. Les plantes comme la canneberge existent depuis des milliers d’années et on connaît parfaitement leurs propriétés. Ce qui est loin d’être le cas des médicaments pour lesquels on manque souvent de recul.

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  5. GossyGames

    La nature qui nous entoure regorge de substance bonne pour notre santé. Dès que je sens que j’ai un début d’infection urinaire, je bois du cranberries et le lendemain ça va déjà mieux !

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  6. Chenilles en caoutchouc

    Attention! Le cranberry, comme le disait pascal, n’est pas un médicament! Il aide à la prévention des infections urinaires certes, d’ailleurs il compose plusieurs produits d’hygiène intime, mais il ne suffit pas! Étant une adepte des plantes et de la médecine naturelle, j’ai un jour essayé de me soigner avec des gélules aux huiles essentielles rien n’y a fait! Faites vraiment attention car c’est un mal douloureux très résistant!

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  7. Bigou

    Bonjour, 2 commentaires:
    1) Escherichia coli représente une bonne partie de notre flore intestinale. Il serait donc bon et honnête de préciser que:
    – la pratique, par l’ homme, de la sodomie, sans protection, présente pour lui un risque élevé d’ attraper une infection des voies urinaires par E.C. ,
    -Pour la femme, être sodomisée, avec ou sans protection, représente un fort risque d’ infection urinaire par E.C. surtout si le partenaire change d’ orifice de pénétration sans prendre de mesure d’ hygiène (ce qui est hélas apparemment très souvent le cas),
    -lors de la pratique du cunnilingus les écoulements de liquides organiques favorise le transport d’ E.C. de l’ anus vers la vulve et favorise donc ces infections.

    2) Il est bien établi qu’ Helicobacter Pylori est responsable de plus de 90 % des ulcères d’ estomac.
    Dire que le stress ou l’ anxiété sont la cause de certains ulcères (il fut un temps, pas lointain, où 99% des ulcère étaient attribués à de raisons psychiques!) est un abus: face à toute sorte de contrainte (originellement « stress » en anglais), l’ organisme réagit pour se défendre ( production de cortisol). Une de ces réaction est de faire accélérer la digestion en augmentant la production d’ acide gastrique par unité de temps et donc en augmentant la concentration de cet acide dans l’ estomac. Cette augmentation de concentration augmente l’agressivité des sucs gastriques qui, dans le cas ou les cellules formant la surface interne de la paroi gastrique (normalement capable de supporter cette acidité) sont pour différentes raisons (abus d’ alcool, tabagisme, etc…mais aussi présence d’ Hélicobacter) attaquées/affaiblies/détériorées, arrivent a attaquer les cellule de la paroi gastrique ce qui entraîne des brûlures et finit par générer une plaie ulcéreuse.
    JJB

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