Les 4 erreurs à éviter lors de la cueillette

« Il y a quelques erreurs élémentaires à éviter absolument quand tu fais une cueillette ! » m’a-t-on murmuré un jour au détour d’une promenade. Alors j’ai décidé de partager ici avec vous ces règles de savoir-cueillir.

Erreur n° 1 : le sac plastique

C’est peut-être le sac que le cueilleur débutant va prendre le plus facilement en partant de chez lui pour une cueillette de plantes ou de champignons…

Grave erreur car au contact du plastique, la cueillette se gâte ! Et plus elle y reste longtemps, pire c’est.

Le conseil : privilégiez des sacs en tissu ou encore un panier en osier dont le fond sera recouvert d’un tissu confortable pour vos trouvailles.

Si vous vous promenez, essayez de retarder le moment de la cueillette pour garder des plantes de première fraîcheur avant de les cuisiner.

Je me rappelle de coprins chevelus (des champignons) qui n’avaient pas apprécié du tout le sac plastique… Il en va de même pour certaines herbes fragiles comme la stellaire (une salade sauvage).

Erreur n° 2 : piller le spot

Quand on trouve de beaux spécimens de notre plante préférée à un endroit (moi j’aime beaucoup les cynorrhodons, fruits du rosier sauvage, pour faire de la confiture), il peut être tentant de ramasser tout ce qu’on y trouve pour se faire un stock confortable.

Grave préjudice pour la plante et pour soi-même car la population mettra du temps à recoloniser le milieu (= cueillette impossible) et si le pillage a lieu dans trop d’endroits en même temps, l’espèce va décliner jusqu’à être menacée d’extinction. Les humains et les autres espèces qui en profitent (nourriture, habitat) ne pourront donc plus le faire. C’est ce qui s’est passé pour l’anguille dont on a surpêché les civelles pendant plusieurs décennies…

Le conseil : ne prélevez qu’une petite partie des spécimens que vous trouvez à un endroit, puis allez plus loin pour chercher un autre spot. De même, sur une plante, ne prenez que quelques feuilles, branches ou fruits pour lui laisser une chance de se régénérer ou de se reproduire. Et surtout, ramassez seulement ce dont vous avez besoin à ce moment.

Quant aux champignons, coupez-en le pied au couteau sans rien déterrer de la partie souterraine filamenteuse (le mycélium).

Erreur n° 3 : négliger l’environnement

Quand on a les yeux rivés au sol pour y trouver de bonnes choses, on oublie parfois de regarder ce qu’il y a autour de nous, et plus particulièrement ce qu’il y a en amont…

Grave négligence pour votre santé car les plantes peuvent absorber les substances toxiques transportées par l’eau ou le vent. La proximité d’un champ ou d’un jardin cultivés à grands renforts d’engrais et de produits phytosanitaires pourrait bien vous faire ingérer un cocktail douteux !

Le conseil : éviter les cueillettes aux abords des champs (surtout en contrebas de ceux-ci) sauf si l’on sait qu’ils sont cultivés biologiquement et au bord des routes à cause des gaz d’échappement qui contaminent les plantes. Dans tous les cas, privilégiez les coins un peu sauvages pour vos cueillettes.

Indice : généralement, s’il y a des fleurs sauvages dans un champ, une pelouse ou un talus, c’est qu’il n’y a pas eu d’herbicide dessus cette année (pour les années précédentes, on ne peut pas trop savoir). Heureusement, les communes pratiquent de plus en plus le fauchage pour entretenir le bord des routes et des chemins.

Pour ramasser sur les berges des rivières : assurez-vous que le département ne l’a pas déclarée impropre à la baignade.

De plus, respectez les panneaux « propriété privée » car on peut porter plainte contre vous pour atteinte à la propriété privée et vol… Dans tous les cas, la courtoisie reste de mise 😉

Sachez aussi que le code forestier interdit de ramasser plus de 5 litres de champignons par personne et par jour (oui, oui, des litres).

Erreur n° 4 : ne pas s’assurer de son identification

On est parfois très content de trouver une plante que l’on vient de découvrir dans un livre, sur un internet ou au cours d’un stage… On ramasse tout de suite, on cuisine aussitôt, on mange dans la foulée et là… On se sent mal !

On est là sur l’erreur la plus importante à éviter : ne pas être absolument certain de ce qu’on vient de ramasser. Il existe des tas de livres de botanique très bien faits pour s’assurer de son identification, des sites internet aussi et pour les champignons, on peut tout simplement aller voir un pharmacien. Et dans le doute, il vaut mieux s’abstenir !

Dans la plupart des cas, les confusions sont sans gravité ou presque. Mais pas tout le temps :

  • confondre l’ortie avec le lamier blanc, tous deux comestibles et consommables comme légumes, ne pause aucun problème (si ce n’est que le goût n’est pas le même).
  • cuisiner ce que l’on prend pour des feuilles d’égopode, alors qu’elles sont en fait du sureau peut avoir des conséquences désagréables… J’en ai fait les frais et mon estomac a refusé (mea culpa), on ne m’y prendra plus ! Heureusement, j’ai été le seul à en manger (c’était assez amer en réalité).
  • en revanche, consommer des feuilles de laurier rose en croyant que c’est du laurier sauce peut-être très dangereux pour le cœur, voire mortel…

Rassurez-vous, il y a peu de confusion possibles entre des plantes comestibles et des plantes mortelles. Et si l’on connaît quelques critères de reconnaissance de base, il n’y a pas de danger. Je reviendrai prochainement sur la notion de toxicité qui est complexe et dans chacune de mes recettes, je renvoie vers une carte d’identité détaillée de la plante, dans laquelle vous trouverez une rubrique intitulée « Confusions possibles ».

Et vous, avez-vous déjà commis une de ces erreurs ? Qu’en avez-vous appris ?

4 réflexions sur « Les 4 erreurs à éviter lors de la cueillette »

  1. Romain74

    Salut, le we dernier , dans les Alpages de Haute Savoie j’ai cueilli de belles feuilles vertes qui m’ont fait penser à une oseille ou épinard sauvage… Impossible de trouver la plante sur Internet ou autres documents! Je l’ai goûté crue en petite quantité plusieurs fois dans la journée…goût doux…aucun effet, je me suis donc fait une grosse cocote de soupe et tout va bien… Mais en effet je n’était pas totalement rassuré et surtout je ne sais toujours pas ce que c’est!!! Puis-je t’envoyer une photo pour m’aider à définir la plante?

    Merci

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    1. Jérémie Auteur de l’article

      C’était une bonne idée d’y aller progressivement, même s’il aurait été préférable de savoir ce que c’était.
      Je ne pratique plus beaucoup et ne suis pas sûr de pouvoir l’identifier sur la seule base de photo, mais vous pouvez toujours tenter, je regarderai.
      Amicalement,
      Jérémie

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  2. Zacharie

    Hier, je suis allé avec mon ami dans les bois en Bourgogne (à 40 km d’Auxerre). Lors de notre ballade, nous nous sommes préoccupé du préservent de notre chère planète bleue. Nous avons suivi vos conseils à la lettre. De plus nous faisons quelques gestes pour pouvoir préserver la Terre. Par exemple nous essayons de réduire notre consommation d’énergie en réduisant notre consommation d’électricité. Avec notre ancien contrat nous avons payé jusqu’à plus de 200€ en facture d’électricité. Nous sommes allé dans une agence à Lille pour avoir un conseiller et ces derniers ont été très réceptifs concernant notre consommation d’électricité.

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  3. Ping : La fleur de minuit aux éditions Belle-Emeraude

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