Une entreprise me replonge dans mon passé de paysagiste !

Sur le net, j’ai trouvé une entreprise qui m’a ramené plusieurs années en arrière, à l’époque où j’ai été paysagiste pendant une dizaine de mois. J’avais eu pour projet de me mettre à mon compte en créant un nouveau concept de jardin-écosystème : Les Jardins De Biodiversité.

abeille butineuse et abri a insectes pour la biodiversité

Mon expérience de paysagiste

Durant la période où j’ai travaillé comme ouvrier paysagiste, j’ai observé et mené des pratiques qui ne correspondaient pas à mes convictions écolos. Je l’ai fait à contrecœur car je voulais garder mon emploi de l’époque :

  • clôturer les jardins avec du « béton végétal » : des haies monospécifiques de laurier ou de thuya dans lequel il n’y a pas ou peu de vie,
  • planter des espèces exotiques qui n’offrent pas ou peu de nourriture aux butineurs et autres insectes qui ne sont pas adaptés à ces plantes,
  • pulvériser dans de nombreux jardins ces infâmes produits herbicides comme le RoundUp, pour qu’il n’y ait pas un trèfle dans les pelouses. J’ai toujours eu du mal à comprendre comment les gens pouvaient laisser épandre du poison dans le jardin où jouaient leurs enfants…
  • fleurs de trèfle n'aimant pas le round uputiliser le terme « mauvaises herbes » dans son acception la plus courante, avec laquelle je suis loin d’être en accord,
  • entretenir les allées, pelouses et massifs pour que rien ne dépasse et qu’ils soient bien propres et « désherbés » (je dirais « aseptisés »).

Bref, ne me retrouvant pas dans ces pratiques et ce mode de pensée, j’ai commencé à imaginer une alternative, un nouveau concept : Les Jardins De Biodiversité.

Mon ancien projet : Les Jardins De Biodiversité

Il s’agissait donc de proposer aux gens de leur concevoir un jardin qui, par sa composition floristique et sa structure, allierait plaisir des sens, usages spécifiques (potager bio, aromatiques, verger, cueillette de plantes sauvages) et accueil de la biodiversité ordinaire tout autant que patrimoniale.

Pour favoriser cette biodiversité, l’important reste de créer une grande diversité d’habitats avec des plantes cultivées ou sauvages, pour offrir refuge et nourriture à la faune : insectes, petits mammifères, amphibiens, reptiles et oiseaux.

Pour concevoir les grandes lignes de ce projet, je m’étais beaucoup appuyé sur l’excellent livre de Vincent Albouy, « Le jardin des insectes ». Il est malheureusement en attente de réédition, mais il est possible de trouver des occasions. Je m’imaginais proposer à la carte à mes clients les habitats suivants :

  • haies champêtres faites d’essences locales et variées, une partie au feuillage persistant pour abriter la faune et à la floraison étalée dans l’année pour offrir un maximum de ressources alimentaires aux butineurs. Le bord de la haie n’est pas débroussaillé, on lui laisse un ourlet de hautes herbes pour assurer la transition entre la haie et le reste du jardin.
  • zone de prairie fleurie où l’on sème au départ des herbacées florifères et nectarifères qui sont censées se ressemer toutes seules.
  • zone de friche sauvage où l’on n’intervient pas.
  • zone de pelouse biodiverse, comprenant une grande variété de graminées, au lieu des 3 ou 4 habituelles.
  • massifs d’ornement beaux et intéressants pour la faune (il existe de nombreuses espèces particulièremet indiquées).
  • arbres fruitiers dont le pied reste entouré de hautes herbes au lieu d’être débroussaillé, pour accueillir de petits animaux.
  • le bois mort attire le lucane cerf-volant car sa larve est xylophageempierrement ou muret de pierres, avec ou sans lierre.
  • bois mort pour permettre la venue d’insectes dont les larves sont xylophages, notamment des coléoptères (la petite biche, le lucane cerf-volant, le clyte commun).
  • plan d’eau pour sa beauté, pour l’habitat et la possibilité de boire qu’il offre à de nombreux animaux.
  • le hérisson aime les tas de buches dans le jardin biomeule de foin, tas de feuilles mortes, tas de bûches pour offrir des abris aux hérissons, aux petits rongeurs, etc.
  • bottes de tiges de diverses herbacées et arbustes pour que les insectes auxiliaires du jardinier nichent et que les abeilles solitaires pondent.

Et j’avais bien sûr pensé à exploiter les surfaces de toiture plate ou légèrement pentue pour y installer des écosystèmes attractifs pour la biodiversité ! C’est là que l’entreprise dont je vous ai parlé en introduction intervient (article à venir dimanche).

Et vous, avez-vous fait des aménagements particuliers dans votre jardin pour le rendre accueillant pour la biodiversité ?

9 réflexions sur « Une entreprise me replonge dans mon passé de paysagiste ! »

  1. David

    Bonjour à tous,
    Pour répondre à ta question j’ai mis des arbres fruitiers, des tas de bois mort, une haie champêtre, des zones fleuries et des friches sauvages. Mon prochain aménagement sera un plan d’eau.
    A bientôt,
    David.

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    1. Jérémie Auteur de l’article

      Bonjour David,
      Tu dois sans doute avoir pas mal d’insectes qui volent dans l’air pendant le printemps et l’été. As-tu remarqué des espèces particulières ? Si tu as des photos intéressantes, tu peux me les envoyer via la page Contact si tu en as envie et je les rajouterai dans l’article (je préciserai qu’elles t’appartiennent).
      J’espère que ton plan d’eau te permettra d’observer des amphibiens et des libellules. Par contre, attention de ne pas y mettre de poissons qui risqueraient de manger les larves d’insectes et les têtards. Enfin, c’est un choix à faire selon ce que l’on veut observer 😉
      Jérémie

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  2. Jean-François GUSTIN

    Je partage votre réflexion! Mais généralement les clients ne veulent pas de mauvaises herbes et encore moins d’insectes! Alors on se trouve obligé de pulvériser des insecticides et autres produits toxiques. Dans notre métier le client est roi !

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    1. Jérémie Auteur de l’article

      Il est vrai que beaucoup de gens demandent encore ce genre de traitement dans leur jardin et risquent de faire appel à quelqu’un d’autre si on refuse de traiter… Mais j’étais effaré par l’inconscience de certains parents ou grands-parents qui laissaient jouer des nourrissons dans l’herbe juste après le traitement…
      Je pense que c’est aussi aux professionnels de sensibiliser les gens au fait qu’une (ou plusieurs) pâquerette(s) dans une pelouse ou un pissenlit dans une allée, ce n’est pas « sale ». Et que par contre les pesticides ont un impact sur l’environnement et la santé.
      Une fois que cela est dit, c’est aux gens de choisir s’ils acceptent de changer de mentalité ou pas.

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      1. Nature Elements

        Salut Jérémie !

        Je tiens à saluer ton article quant à son aspect « sensibilisation » auprès du public des méthodes utilisées par certains paysagistes, et de leur dangerosité. Étant moi-même paysagiste au sein de la société Nature Elements que j’ai fondée il y a deux ans maintenant, j’ai pu constater avec beaucoup de peine que certains de nos clients n’ont effectivement aucune idée des dégâts pouvant être causés par les méthodes qu’ils souhaitaient que l’on utilise.

        Bien sûr celles-ci sont, en règle général, très efficace, mais quand on sait ce qu’elles font endurer à notre environnement, on préfère utiliser des méthodes plus traditionnelles, et il en existe beaucoup !

        Comme tu dis mon travail ne s’arrête pas à refuser d’utiliser ces méthodes, mais bien à, essayer malheureusement, de sensibiliser mes clients, car en règle général, je vois bien qu’au-delà de leur approbation, ils ne semblent pas enclins à écouter mes conseils. Certains le font néanmoins, et je leur propose alors de, soit comme tu dis accepter qu’une petite adventice par-ci par-là n’est pas bien grave, soit passer par un travail plus conventionnel d’arrachage manuel, certes plus long, mais tellement plus écologique.

        En bref, je salue ton travail, et regrette que tu ne fasse plus partie de la profession, ce que j’ai cru comprendre !

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  3. Martin

    Moi je suis en train de m’arracher les cheveux car dans la maison que je viens d’acheter, ce n’est que de la terre de remblais; et quand je dis de la terre, je parle d’argile…Très très difficile à travailler
    Vous avez des conseils pour ce genre de jardin particulier?
    Merci d’avance

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    1. Jérémie Auteur de l’article

      Bonjour,
      Non, je n’ai pas vraiment de conseils car je n’ai pas de jardin. Le seul moyen d’améliorer la terre (sans en amener avec une remorque), c’est d’apporter de la matière organique compostée pour enrichir le complexe argilo-humique et de protéger la vie organique du sol grâce à une couverture constante (paillage dont compost, lit de trèfle, etc.).
      Bon jardinage 😉

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  4. baptiste

    Jérémie apporter de la matière organique compostée pour enrichir le complexe argilo-humique c’est effectivement bien. Perso je ne bêche plus mon petit jardin. je gratte les 10 premiers centimètre. mais il faut aussi déterminer la nature de votre sol ou bien connaître le type de terre pour profiter pleinement de votre jardin.

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